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Sponsoring voile : une question de ratio… ?

Masai Ocean Racing fête ses deux ans d’activité.

Deux années durant lesquelles les initiateurs du projet ont passé davantage de temps à chercher des financements qu’à naviguer. Le parcours est exigeant, les refus de partenaires s’accumulent, mais l’objectif reste intact : prendre le départ de la Global Solo Challenge, prévu en octobre 2027.

 

Dès le début de l’aventure, une question est revenue avec insistance : quelle cause associez-vous à votre projet de course au large ? Comme s’il était devenu naturel, presque obligatoire, pour un marin, de lier son projet sportif à une cause sociale, animale ou environnementale. Dans la plupart des disciplines sportives, la performance précède bien souvent l’engagement sociétal ! En course au large, c’est souvent l’inverse : avant même d’avoir sécurisé les moyens de prendre le départ, il faut déjà démontrer l’utilité, le sens et l’impact du projet.

 

En 2026, Masai Ocean Racing entame une nouvelle étape en s’associant à Blue Alliance, une ONG spécialisée dans la création et la gestion durable d’aires marines protégées. Le Class40 Masai devient ambassadeur du Blue Commitment, un programme destiné à encourager les donations de particuliers en faveur de la conservation des océans.

Le lien entre sport, aventure et préservation marine est évident. Et pourtant, malgré la possibilité d’une déductibilité fiscale, malgré l’opportunité pour les entreprises d’associer leur image à une action concrète en faveur de l’environnement, et malgré la visibilité offerte sur la coque et les voiles du bateau, l’engagement financier reste difficile à obtenir.



Le Class40 MASAI aux couleurs de Blue Alliance
Le Class40 MASAI aux couleurs de Blue Alliance

 


Pourquoi est-ce si compliqué ?

 

Un contrat de sponsoring lie avant tout deux entités autour d’une logique commerciale. L’une finance un projet, l’autre fournit des contreparties. Dans le sport, ces contreparties prennent souvent la forme d’une visibilité publicitaire, d’un récit de marque, d’un accès à du contenu, à des événements ou à une communauté. L’intérêt pour une entreprise dépend donc, en grande partie, de la visibilité que le sportif ou l’événement peut générer. Et c’est précisément sur ce point que la Global Solo Challenge mérite d’être regardée autrement.

 

La course est parfois perçue comme un événement encore trop peu médiatisé. Pourtant, sa première édition a généré une audience estimée à plus de 80 millions de vues. Rapporté au coût d’une participation, notamment en Class40, ce chiffre ouvre une lecture différente.

À titre indicatif, en comparant les montants engagés aux audiences annoncées, selon les chiffres publics disponibles et les hypothèses de budget retenues, la Global Solo Challenge présente un ratio coût / visibilité particulièrement compétitif. L’America’s Cup ressort environ 33,5 fois plus chère par vue que la GSC, SailGP environ 14,9 fois plus cher, et le Vendée Globe environ 4,9 fois plus cher. Ces comparaisons doivent évidemment être lues comme des ordres de grandeur. Les événements ne s’adressent pas toujours aux mêmes audiences, ne disposent pas de la même notoriété institutionnelle et ne proposent pas les mêmes niveaux d’hospitalité ou d’activation. Mais elles invitent à nuancer une idée reçue : la visibilité ne se mesure pas uniquement à la taille de l’événement, mais aussi au rapport entre investissement, exposition et cohérence du projet.

 

La Global Solo Challenge, organisée par Marco Nannini au départ de Vigo, propose ainsi une alternative singulière : une course autour du monde en solitaire, sans escale, plus accessible, plus longue, plus brute, et fortement ancrée dans l’aventure humaine. Pour un partenaire, l’enjeu n’est donc pas seulement d’apparaître sur un bateau. Il s’agit d’accompagner un récit : celui d’un marin, d’un bateau existant, d’un tour du monde de plus de 150 jours, et d’un engagement concret en faveur de l’océan. Autrement dit, le partenaire investit moins pour une visibilité proportionnellement plus efficace, tout en bénéficiant d’un temps d’exposition prolongé : plus de jours en mer, plus d’images, plus de récits, et donc plus d’opportunités de faire vivre son engagement.

 

Dans un marché du sponsoring souvent dominé par la recherche de puissance médiatique immédiate, la question mérite d’être posée : et si la vraie valeur ne se trouvait pas seulement dans le volume d’audience, mais dans le ratio entre visibilité, budget, authenticité et impact ?


 

Global Solo Challenge 2027 - 2028
Global Solo Challenge 2027 - 2028

 
 
 

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